Au lieu d'arriver le quatorze comme nous comptions, nous ne nous sommes trouvés en vue de Palerme que le quinze, à la pointe du jour; avec le vent contraire nous avons été forcés de louvoyer.

Sur les neuf heures, l'air a fraîchi et nous a facilité l'entrée du golfe, et enfin du port, où nous avons jeté l'ancre à midi, après le voyage le plus agréable.

J'ai supporté passablement la mer; je n'ai souffert que le soir du premier jour; le second jour et surtout la matinée du troisième, je me suis très bien porté.

Notre capitaine Raty, gênois de nation, est un fort aimable homme, M. Lieutaut, mon compagnon de chambre, un fort bon garçon; nous avons eu pendant toute la traversée un temps doux et serein.

(Pour faire la traversée de Naples à Palerme ils avaient mis plus de cinquante heures par un beau temps. Aujourd'hui les bateaux à vapeur mettent quinze à seize heures par tous les temps.)

15 février.—Palerme est une belle ville, en plaine, environnée de très près par de hautes montagnes; elle se présente très bien quand on y arrive par mer et qu'on est près du môle.

Il y a deux superbes rues qui se croisent; et de la croisée de ces rues, qu'on appelle la place, on aperçoit les quatre portes de la ville.

Le climat de Palerme est très doux, parce que les montagnes le préservent des vents; mais pour la même raison, il est humide l'hiver.

Les choses les plus curieuses à voir sont: la promenade la Marina, sur le bord de la mer, rendez-vous de la société élégante; elle se termine par la Flora ou jardin public; le couvent de Saint-Martin; Sainte-Rosalie, et Bagheria où sont beaucoup de belles maisons de campagne.

Le Campo-Santo commencé par M. de Carraccoli, s'il est achevé suivant le projet, sera le plus beau d'Italie, il surpasserait de beaucoup celui de Pise.