6 février.—Il écrit de Naples à son ami Magneval pour le féliciter de son mariage. Lettre à son père en réponse à ses lettres du 18 et du 25 janvier reçues par le même courrier. J'ai vu M. Lalo, directeur de la poste aux chevaux, et le chevalier Ruscelli qui me donne une lettre pour son frère à Palerme; la princesse di Ferolito m'en donne aussi; je pars demain matin; je donnerai de mes nouvelles de Palerme, et je resterai quinze jours sans en avoir.
Laforest, mon domestique, prétend être convenu expressément de 50 sous de gage par jour pour le voyage, sans autre explication, c'est aussi comme cela qu'il me paraissait que c'était convenu.
Ci-joint une lettre pour la femme de Laforest.
Rossi et Cie m'ont compté 240 ducats sans règlement de change, parce qu'ils nous doivent en solde. Le change est bien favorable dans ce moment; ce serait peut-être une spéculation de faire tirer sur Lyon, aux rois, pour remettre un peu plus tard les fonds en soie à la récolte.—Envoi de mon certificat de vie.
9 février.—Je prépare mon départ, comptant m'embarquer le lendemain pour la Sicile, et je fais mes adieux à tout mon monde.
10 février.—Le lendemain, autre affaire: le vent a changé, il est au scirocco (vent du midi), il n'y a plus moyen de mettre à la voile; je vais me promener au-dessus des Chartreux, pour jouir de la belle vue de ce canton.
11 février 1788.—Je vais voir le magasin des porcelaines de la fabrique royale de Naples; il contient des figures de toutes sortes; on y conserve plusieurs antiquités, et particulièrement une Vénus alle belle chiappe, qui par plusieurs est mise au-dessus de la Vénus de Médicis de la galerie de Florence.
12 février.—Toujours même vent et même impatience. Écrit à Mme Vionnet (sa sœur) une lettre que Lefévre a dû porter à Rome pour le prochain courrier; j'y annonce mon départ pour la Sicile.
13 février.—Enfin le vent change, je m'embarque à huit heures et demie; avant que les autres passagers soient arrivés, que le capitaine soit allé prendre les derniers ordres du major et autres retards, nous n'avons levé l'ancre et nous ne sommes partis qu'à onze heures du matin.
Nous sommes sortis très promptement du golfe, et à neuf heures du soir nous avions fait la moitié du chemin, tant le vent était fort et favorable; mais tout à coup il nous a manqué complètement, alors nous avons cheminé très lentement.