18 avril.—Départ de Florence à six heures du matin, arrivé à Livourne à quatre heures et demie du soir, sans autre aventure que celle d'un cheval de brancard qui s'est abattu en partant de la poste de Cassel del Bosco, et m'a tenu là une demi-heure; pour le dégager, il a fallu couper une des sangles de la sellette.

Les douanes du Grand Duc sont très rigoureuses, soit à l'entrée soit à la sortie, on est venu me visiter à l'auberge, et très sérieusement.

20 avril.—Partie sur mer avec Ubrich et les deux fils Dupouy, pour voir le fanal et la tour del Marcosso, toute en marbre, qui a 140 degrés jusqu'au sommet.

24 avril.—Autre promenade sur mer avec Ricard Fascio, fils du premier complimentaire de Berte (premier fondé de pouvoir), nous allons dans un bâtiment anglais chargé pour le compte de sa maison, la Minerva, à trois mâts.

25 avril 1788.—Vu la fabrique de corail et les cimetières des différentes nations et religions; la synagogue des juifs est très belle. Les grecs schismatiques font aujourd'hui leur vendredi-saint; j'ai assisté à une partie de l'office qu'ils font en grec, avec beaucoup d'appareil.

26 avril.—Ayant reçu ce matin de Lyon des lettres conformes à mes désirs, je me décide à prendre une felouque et m'embarquer pour Gênes.

27 avril.—J'arrête la felouque du patron Fiore de Lerici, sur laquelle je monte le 27 au soir, chargeant avec moi ma chaise.

Après un trajet de cinquante heures, pendant lequel j'ai toujours eu la mer calme ou le vent contraire, je suis arrivé à Gênes à force de rames.

(Maintenant le même voyage se fait en cinq ou six heures.)

29 avril.—Je suis entré dans le port le 29, à neuf heures du soir; il a fallu y passer la nuit et débarquer seulement le mercredi à huit heures du matin.