Les faquins ou crocheteurs de Gênes sont de la plus grande insolence; il faut faire prix avec eux pour le transport de vos bagages et équipages, et comme on ne peut pas se servir d'autre ministère que du leur, ils rançonnent d'importance les voyageurs sans qu'ils puissent s'y opposer.

30 avril.—Passé en arrangements et visites.

1er mai.—On entend à pareil jour dans toutes les rues de Gênes, les tambours, les trompettes et autres instruments, à la porte de tous les nobles; cet usage paraît assez généralement répandu dans beaucoup de villes d'Italie.

Le doge en grande cérémonie, accompagné des Sénateurs, se rend en dehors des murs à la grand'messe dans l'Église de Saint-Jacques et de Saint-Philippe, occupée par des religieuses.

Après la messe il entre dans le couvent et fait son compliment à l'abbesse avec force salutations à l'illustrissima Signora.

Je suis allé à cette petite fête avec le marquis de Grimaldi; de là nous avons visité le casino d'Hippolyte Durazzo, situé sur les anciens remparts, d'où l'on a une vue magnifique sur la ville, la mer et la campagne.

Visité l'hôpital administré par douze nobles, qui contient 1,300 malades, tous couchés dans des lits séparés (ce qui n'existait pas en France à cette époque). Ces nobles sont chargés gratuitement de toute l'administration et sont tuteurs des orphelins, cette charge ne se refuse jamais.

2 mai.—Une des merveilles de Gênes est le pont Carignan, construit aux frais de la famille Pauli pour joindre deux montagnes.

(Description de Gênes et de ses environs.)

Tous les environs sont garnis de maisons de campagne entre la ville et la montagne; l'aspect en est ravissant quand on arrive par mer.