À Livourne toute la ville est port franc, il n'en est pas de même à Gênes. Ce qui se consomme dans la ville paie des droits à la République; mais il y a sur le port des magasins de port franc où toutes les marchandises sont mises en entrepôt, et sortent librement par mer; ces magasins sont une curiosité de Gênes.

Le port est très beau mais pas complètement à l'abri des vents. Le dôme de Saint-Laurent est grand; l'église de l'Annonciation est riche, celle de l'Oratoire de Saint-Philippe est petite mais de bon goût.

Le palais de Jerôme Durazzo, rue Balbi est le plus grand de Gênes, orné de belles statues antiques et modernes et de tableaux choisis, entre autres la Magdeleine aux pieds de Notre-Seigneur, par Paul Véronèse, le plus beau de Gênes.

9 mai 1788.—Vu l'albergo dei Poveri, avec M. de Grimaldi, pour les pauvres et les orphelins. Il est immense, il n'y a pas de ville aussi charitable que Gênes, mais il n'y en a pas non plus où les pauvres soient si misérables et aussi importuns.

12 mai.—Dîné à la campagne chez Mayster à Rivarole. Ils louent un appartement au quatrième étage, et ils appellent cela être à la campagne, il est vrai que le voisinage du Casino fait que sur ce point les locations sont très recherchées.

12 mai.—Autre partie chez Cambiaso (Charles) qui loue le palais Spinosa de l'autre côté de la Poncevera; c'est un des plus beaux et des mieux situés.

13 mai.—Départ de Gênes à une heure après midi, arrivé à Novi à huit heures et demie; route très agréable dans cette saison, bordée de palais superbes et de sites délicieux.

14 mai.—Séjour à Novi, avec très mauvais temps.

15 mai.—Parti de Novi à cinq heures du matin, arrivé à Pavie à une heure et demie.

Les douaniers impériaux sont très rigoureux; ils ont visité ma voiture et mes bagages avec le plus grand détail; ils m'ont tenu à la porte une heure et demie avant de me laisser entrer, quand ils ont bien vu que je n'avais rien de suspect.