6 juillet.—Parti de Nice à trois heures du matin, passé le Var heureusement (en bateau), au bord duquel j'ai attendu plus d'une heure; arrivé à Grasse à dix heures, où j'ai passé la journée.

Vu Antibes, d'Antibes à Grasse, chemin épouvantable.

Grasse est mal distribuée, elle est composée de mauvaises rues bien sales. Les oliviers qui l'entourent forment un beau coup d'œil et un beau revenu; la récolte d'huile produit 2,000,000 en moyenne par année.

On tire aussi, dit-on, 500,000 livres des fleurs qu'on cultive dans les jardins pour la parfumerie.

(Il passe ensuite à Draguignan, aux Arcs, où il voit les familles Fédon et Dain, à Brignoles et à Toulon.)

18 juillet.—Je pars le soir pour Marseille, où je suis arrivé à six heures du matin avec beaucoup de poussière.

Là s'arrêtent les notes du voyage de touriste; il ne dit rien de son retour à Lyon.

Comme je l'ai dit en commençant, une grande partie de ses notes est relative aux affaires de commerce de la maison Jordan et à sa correspondance. Pour en donner une idée, je choisis quelques passages, les moins ennuyeux, qui peuvent rappeler les mœurs et usages de l'époque.

19 août 1787, de Turin.—Echantillons à demander, à Lyon, de satin pour broder, à la dernière mode, couleurs plutôt sombres; on préférerait un façonné ou moucheté pour le prince Joujoupouf.

25 août, de Turin.—M. de Bianchi m'a annoncé une demande de lettre de recommandation pour la maison, en faveur d'un seigneur de la Cour de ses amis.