Soit qu'elle orne, au matin, de dentelles les grèves,
Soit qu'elle les argente à cette heure de rêves
Où dans les cieux la lune a lui,
La mer, la blonde mer, est la grande coquette
Dont l'homme n'a jamais su faire la conquête,
Cruelle, elle se rit de lui.
Elle s'étend, l'été, câline et point méchante,
Et sa vague au reflet de nacre vibre et chante,
Berçant, avec un doux roulis,
La barque où, confiant, sous la voilure grise,
Le nautonier profane, au soleil qui le grise,
Se croise les bras amollis.
Mais parfois la sournoise en riant se courrouce
Et lance à l'imprudent l'écume et l'algue rousse,
Echevelant ses flots rageurs,
Puis chasse en le sifflant ce nocher des dimanches
Qui rame, haletant, et retroussant ses manches
Au milieu des éclats vengeurs.
XI
HAUT DE FORME
Les nuages là-haut rentrent leurs blancs moutons...
Sous le ciel bleu la mer se pare de turquoises,
Car c'est l'heure du bain, et les vagues, narquoises,
Savonnent de leur mousse, ô baigneurs, vos mentons.
La plage, où la coquille, en rose chapelure
S'émiette, étend au loin sa nappe de blondeurs;
Aux baisers du soleil, sans craindre sa brûlure,
La dune nue étale en riant ses rondeurs.