Des citrons effilés et mûrs...
Son derme offre de plus beaux lustres
Que les boites—aux noms illustres—
Des conserves luisant aux murs.
Rousse, en effet, ses chairs prônées
Se pailletent à l'infini
Des lenticelles d'or bruni
Qu'on aime aux truites saumonées.
A son rire victorieux
Les rougets rougissent, bégueules,
Et les cabillauds ont des gueules
Béates de michets sérieux...
Telle Vénus sortant de l'onde
Dut voir une cour de poissons
Pâmée en d'étranges frissons
Autour de sa majesté blonde!
XL
P. P. C.
Déjà le colchique d'automne
Allume de mauve les prés,
Les horizons se font pourprés
Sous le ciel bas et monotone.
L'humide Septembre, perclus,
S'en va trépasser dans ses brumes
Au glas rauque de ses élus,
Les noirs catarrhes et les rhumes!
Les nuits fraîchissent... Dans les bois
Les arbres, s'en devenant chauves,
Pleuvent leurs feuilles bientôt fauves
Sur l'été maussade aux abois.
L'aube emperle, chaque matin,
La plaine où le lièvre en goguette
Boit la rosée, hume le thym,
Sans souci du chasseur qui guette!