LE MARI.—Permettez-moi de déboutonner mon gilet, j'ai mal aux côtes. (D'un ton tragique.) Vous voulez savoir pourquoi je ris, jeune homme?

RODOLPHE.—Je ne désire pas autre chose.

LE MARI, du même ton.—Tremblez! (Avec sa voix naturelle.) Approchez, monstre, que je vous dise cela dans le tuyau de l'oreille.

RODOLPHE, digne.—Eh bien! monsieur?

LE MARI, avec l'accent de J. Prudhomme.—Vous êtes l'amant de ma femme.

MADAME DE M***.—Si vous continuez sur ce ton-là, je m'en vais; vous me direz quand vous aurez fini.

RODOLPHE, jouant l'homme atterré.—L'amant de votre femme?

LE MARI, se frottant les mains.—Oui; vous ne saviez pas cela?

RODOLPHE, naïvement. (A part.)—J'en ai eu la première nouvelle. (Haut.) Mon Dieu non! et vous?

LE MARI.—Ni moi non plus. Et, de cette façon, je serais le dernier[1] de M. Paul de Kock; minotaure, comme dit M. de Balzac; il a bien de l'esprit, ce garçon-là. Vraiment, ce serait d'un bouffon achevé.