—Je n'ai rien vu que les aigles planant dans l'air, et les albatros coupant l'eau avec leur aile.
Enfin, un jour, au détour du chemin, Édith se trouva face à face avec le captif impérial, qui semblait marcher avec peine, suivi à distance de ses fidèles, et gardé de loin par des sentinelles rouges. Une pâleur de marbre couvrait ses traits amaigris et qui, sculptés par la douleur, avaient repris les belles lignes de leur jeunesse.
Il regarda Édith, et, souriant avec cette grâce ineffable à qui rien ne résistait, il fit deux ou trois pas vers elle et la salua.
En présence de ce dieu tombé, Édith, qui, devant l'empereur rayonnant et fulgurant, eût peut-être conservé son énergie, se troubla, pâlit, et fut presque sur le point de se trouver mal.
Le héros s'avança vers elle et lui dit d'une voix grave et douce, comme un Olympien qui parlerait à un mortel:
—Madame, rassurez-vous.
Et, remarquant le bouquet de violettes qu'elle tenait à la main:
—Il y a longtemps que je n'en ai vu de si fraîches.
Par un mouvement machinal, Édith s'inclina et les lui tendit.
—Elles sentent bon, mais moins bon que celles de France, dit le César en rendant les fleurs à la jeune femme après les avoir respirées.