Portant, triste fardeau, des vaincus et des morts;

Une averse de sang pleut des têtes coupées;

Des mains par l'agonie éperdument crispées,

Avec leurs doigts noueux s'accrochent à ses bords.

Pour recevoir le corps, mort ou vivant, qui tombe,

Le grand fleuve a toujours toute prête une tombe;

Il le berce un moment, et puis il l'engloutit;

Les flots toujours béants, de leurs gueules voraces,

Dévorent cavaliers, chevaux, casques, cuirasses,