Il n’avait pas cette auréole que la mort doit donner aux petits innocents; car si l’on met un enfant dans la terre, il en sort un ange.
Les roses du Paradis ne fleurissaient pas sur ses joues pâles, fardées en blanc par la mort; des larmes tombaient de ses cils blonds, et de gros soupirs gonflaient sa petite poitrine.
La vision disparut, et la mère s’éveilla baignée de sueur, ravie d’avoir vu son fils, effrayée de l’avoir revu si triste; mais elle se rassura en se disant: Pauvre Hanz! même en Paradis, il ne peut m’oublier.
La nuit suivante, l’apparition se renouvela: Hanz était encore plus triste et plus pâle.
Sa mère, lui tendant les bras, lui dit:
«Cher enfant, console-toi, et ne t’ennuie pas au Ciel, je vais te rejoindre.»
La troisième nuit, Hanz revint encore; il gémissait et pleurait plus que les autres fois, et il disparut en joignant ses petites mains: il n’avait plus sa poupée, mais il avait toujours ses souliers de pain.
La mère inquiète alla consulter un vénérable prêtre qui lui dit:
«Je veillerai près de vous cette nuit, et j’interrogerai le petit spectre; il me répondra; je sais les mots qu’il faut dire aux esprits innocents ou coupables.»