—Laissez parler Timberio, s’écria en chœur l’assemblée, qui craignait de voir cette dissertation intéressante tourner en dispute.
—Vous m’accorderez, reprit l’orateur calmé, qu’il faisait un temps superbe lorsque le Léopold est entré dans le port?
—On vous l’accorde, Timberio, fit le chef avec une majesté condescendante.
—La mer était unie comme une glace, continua le facchino, et pourtant une vague énorme a secoué si rudement la barque de Gennaro qu’il est tombé à l’eau avec deux ou trois de ses camarades.—Est-ce naturel? Gennaro a le pied marin cependant, et il danserait la tarentelle sans balancier sur une vergue.
—Il avait peut-être bu un fiasque d’Asprino de trop, objecta Scazziga, le rationaliste de l’assemblée.
—Pas même un verre de limonade, poursuivit Timberio; mais il y avait à bord du bateau à vapeur un monsieur qui le regardait d’une certaine manière,—vous m’entendez!
—Oh! parfaitement, répondit le chœur en allongeant avec un ensemble admirable l’index et le petit doigt.
—Et ce monsieur, dit Timberio, n’était autre que M. Paul d’Aspremont.
—Celui qui loge au numéro 3, demanda le chef, et à qui j’envoie son dîner sur un plateau?