Note 54: En 1641, une autre représentation de cette pièce y fut donnée pour célébrer le mariage de Clémence de Maillé, nièce du cardinal, avec le duc d'Enghien (le grand Condé): «La France, ni possible les pays estrengers, dit un contemporain, n'ont jamais veu un si magnifique théâtre, et dont la perspective apportât plus de ravissement aux yeux des spectateurs. La beauté de la grand'salle où se passoit l'action s'accordoit merveilleusement bien avec les majestueux ornements de ce superbe théâtre, sur lequel, avec un transport difficile à exprimer, paraissoient de fort délicieux jardins ornés de grottes, de statues, de fontaines et de grands parterres en terrasse sur la mer, avec des agitations qui sembloient naturelles aux vagues de ce vaste élément, et deux grandes flottes, dont l'une paroissoit éloignée de deux lieues, qui passèrent toutes deux à la vue des spectateurs, etc... Après la comédie, trente-deux pages vinrent apporter une collation magnifique à la reine et à toutes les dames, et peu après sortit de dessous la toile un pont doré conduit par deux grands paons, qui fut roulé depuis le théâtre jusque sur le bord de l'eschaffaud de la reine, et aussitôt la toile se leva, et au lieu de tout ce qui avoit été vu sur le théâtre, y parut une grande salle dorée et enrichie des plus magnifiques ornements, éclairée de seize chandeliers de cristal, au fond de laquelle étoit un throsne pour la reine, des siéges pour les princesses, et aux deux côtés de la salle des formes pour les dames. La reine passa sur ce pont pour aller s'assoir sur son throsne, laquelle dansa un grand branle avec les princes, les princesses, les seigneurs et dames... » [(retour)]

Note 55: A Ampudia Amanda. Elle a vécu dix-sept ans. Pithusa, sa mère, a fait ce monument. [(retour)]

Note 56: Riouffe, Mém. sur les prisons, p. 69. [(retour)]

Note 57: On lit dans ce privilége contre-signé Colbert: «Attendu que lesdits opéras et représentations sont des ouvrages de musique tout différents des Comédies récitées, voulons et nous plaît que tous les gentilshommes, damoiselles et autres personnes puissent chanter audit Opéra sans que pour ce ils ne dérogent aux titres de noblesse, ni à leurs priviléges, charges, droits et immunités...» [(retour)]

Note 58: Il y a vingt ans à peine que le dernier acacia de la dernière guinguette des Porcherons a disparu; il était au coin de la rue de Clichy, près du cabaret Ramponeau. [(retour)]

Note 59: La partie de la rue des Fossés comprise entre les rues de la Monnaie et de l'Arbre-Sec et qui aujourd'hui est absorbée dans la rue de Rivoli, s'appelait alors Béthizy. [(retour)]

Note 60: «Fils d'un riche marchand de vins des halles, qui n'avait rien épargné à le faire instruire.» (Guy Patin t. I, p. 505.) [(retour)]

Note 61: Voyez, dans le chapitre suivant, le palais des Tuileries et la place du Carrousel. [(retour)]

Note 62: Mém., t. II, p. 98. [(retour)]

Note 63: On détruisit alors en partie l'hôtel du Petit-Bourbon, qui était situé sur l'emplacement de la Colonnade entre la rivière et l'ancienne rue Jehan Everout. Cet hôtel, bâti sur les ruines d'une maison qui avait appartenu au surintendant Marigny, était la demeure du fameux connétable de Bourbon, sur lequel il fut confisqué. A sa mort, on fit peindre de jaune la porte, le seuil et les fenêtres: «C'était la coutume, dit le Dictionnaire de Trévoux, pour déclarer un homme traître à son roi.» Cet hôtel avait une vaste galerie où l'on établit un théâtre pour les ballets et les fêtes de la cour. Henri III donna ce théâtre à des bouffons italiens «qui avaient tel concours, dit l'Estoile, que les quatre meilleurs prédicateurs de Paris n'en avaient tous ensemble quand ils prêchaient.» Cette galerie fut le lieu d'assemblée des États-Généraux de 1614. En 1645, elle redevint un théâtre pour des comédiens italiens et fut donnée à Molière en 1658: c'est là qu'il fit jouer l'Étourdi et le Dépit amoureux. La partie conservée de l'hôtel du Petit-Bourbon a servi de garde-meuble jusqu'en 1758, où elle fut détruite. [(retour)]