Les édifices que renferme cette rue sont peu nombreux:

Le palais de l'Élysée.--C'était, dans l'origine, l'hôtel d'Évreux, bâti par le comte d'Évreux en 1718. Madame de Pompadour l'acheta, l'agrandit et l'habita à peine pendant quelques jours. Louis XV en fit le garde-meuble de la couronne jusqu'en 1773, où il fut vendu au financier Beaujon, qui y prodigua les ameublements, les tableaux, les bronzes, les marbres. En 1786, il fut acheté par la duchesse de Bourbon, dont il prit le nom. Devenu propriété nationale, il fut loué à des entrepreneurs de fêtes publiques, qui lui donnèrent le nom d'Élysée; ses appartements furent alors transformés en salles de bal et de jeu. En 1803, il fut vendu à Murat, qui le céda à Napoléon en 1808. L'empereur aimait cette habitation, dont l'architecture est aussi simple qu'élégante et dont les jardins sont magnifiques: il s'y retira après le désastre de Waterloo; c'est là qu'il signa sa deuxième abdication; c'est de là qu'il partit pour Sainte-Hélène. A la deuxième Restauration, l'empereur de Russie en fit sa résidence; puis il fut donné au duc de Berry. En 1830, il fut compris dans les domaines de la liste civile. La Constitution de 1848 l'assigna pour résidence au président de la République; et c'est là en effet qu'habita le prince Louis-Napoléon Bonaparte jusqu'à son élection au trône impérial. Depuis cette époque on l'a restauré et agrandi magnifiquement.

2º L'église Saint-Philippe-du-Roule, bâtie en 1769 et qui n'a rien de remarquable.

3º L'hôpital militaire du Roule, établi depuis 1848 dans les bâtiments des écuries du roi Louis-Philippe.

4º L'hôpital Beaujon, fondé en 1784 par le financier Beaujon pour vingt-quatre orphelins, et transformé en hôpital général en 1795. C'est un édifice solide, élégant, bien distribué, qui renferme quatre cents lits.

5º La chapelle Beaujon.--Cette chapelle est tout ce qui reste de l'habitation magnifique et voluptueuse que le financier Beaujon s'était construite et dont les jardins s'étendaient jusqu'à la barrière de l'Étoile. Ces jardins, vendus pendant la révolution, devinrent publics, et l'on y donna des fêtes sous la Restauration. Bâtiments et jardins sont aujourd'hui détruits et remplacés par un quartier nouveau, dit de Chateaubriand. Dans une avenue de ce quartier est mort le romancier Balzac.

Les rues principales qui aboutissent dans le faubourg Saint-Honoré sont:

1º Rue des Champs-Élysées.--Au nº 4 ont habité successivement le maréchal Serrurier, le maréchal Marmont, le conventionnel Pelet de la Lozère, qui y est mort en 1841. Au nº 6 a demeuré Junot.

2º Rue de la Madeleine.--Au coin de la rue de la Ville-l'Évêque était l'ancienne église de la Madeleine, qui datait de la fin du XVe siècle et avait été reconstruite par les soins de mademoiselle de Montpensier en 1660: elle a été détruite en 1792. Près de cette église était le couvent des Bénédictines de la Ville-l'Évêque, fondé en 1613 par deux princesses de Longueville.

La rue de la Ville-l'Évêque tire son nom d'une ferme que les évêques de Paris possédaient depuis le XIIIe siècle. Dans cette rue ont demeuré Fabre d'Églantine et Amar. Au nº 4 demeure M. Guizot; au nº 44 M. de Lamartine.