Pour désarmer enfin ceux qui le taquinaient, sa femme, un jour, déclara tranquillement :

— « Riez, riez. Le ridicule passe ; le nom reste. »

Quand vous découvrirez autant d'esprit chez la femme d'un Nouveau-riche, vous viendrez me le dire.

DE MONSIEUR JOURDAIN

Un auteur du XVIIe siècle disait :

— « Combien d'hommes ressemblent à ces arbres déjà forts et avancés, que l'on transplante dans les jardins, où ils surprennent les yeux de ceux qui les voient placés dans de beaux endroits où ils ne les ont point vus croître, et qui ne connaissent ni leur commencement ni leurs progrès. »

Un autre, après la Révolution, disait de certains lascars qui se montraient en tous lieux :

— « Ils entendent bien mal l'intérêt de leur vanité : rien ne fait plus ressortir un mauvais tableau qu'un cadre brillant, et toutes les taches paraissent au grand jour. »

L'erreur des Nouveaux-riches, la première en effet, est de croire qu'on peut sortir de son milieu et vivre ailleurs sans préparation. Cependant, un gentilhomme se mêle à la canaille et n'est pas ridicule. C'est qu'il est plus difficile de monter que de descendre, encore que les aviateurs prétendent que non.

Mme Angot fait rire. Mme Sans-Gêne fait rire. M. Jourdain aussi fait rire, mais différemment. Il n'est pas sûr que M. Jourdain soit si ridicule. Il l'était quand il parut pour la première fois. Il semble l'être moins aujourd'hui. Ses successeurs nous l'ont rendu sympathique.