Boileau disait :

— « L'argent, l'argent, l'argent, sans lui tout est stérile. »

Les mercantis ne s'épatent de rien.

Montesquieu disait :

— « Le nouveau riche admire la sagesse de la providence. »

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Quant au désir d'étonner, s'il n'est pas réservé aux seuls Nouveaux-riches, il a du moins été poussé par eux jusqu'au paroxysme.

Dans une époque de passions, comme est la nôtre, où les sentiments modérés et les idées raisonnables font figure de vieilleries bonnes à mettre au cabinet, quand le moindre adjectif ne peut plus se contenter de sa forme simple et se gonfle en superlatif pour fixer notre attention, les Nouveaux-riches, naturellement, donnent tête basse dans la frénésie.

Il ne s'agit pas de bluff. Nous savons que les Nouveaux-riches ont les reins solides et que leur fortune est bien placée. Ils ont de la surface, et des fonds. Ils dépensent parce qu'ils peuvent. Par candeur, ils croient qu'en ouvrant les mains ils gagneront notre estime ou notre respect. Ils ne comprennent pas pourquoi nous en rions.

Nulle générosité ne les anime. Ils ne dépensent pas pour des raisons morales. Leur geste est moins large. Ils dépensent comme ils ont acquis, brutalement. Ils n'ont pas eu le temps d'apprécier peu à peu leur fortune croissante ; ils n'ont pas le temps d'apprendre à en jouir. Elle leur échappe. Cela aussi est comique. Mais ils ne le savent pas.