Il fut puni, en effet.

Or, quand il sortit de la chambre des arrêts de rigueur, après sept jours d’isolement, il rencontra l’officier qui lui avait valu ces loisirs, et il ne le salua pas. La scène fut violente de la part du Boche et laissa l’Anglais tout à fait calme.

—Monsieur! Vous ne m’avez pas salué!

—Je ne sais pas.

—Je suis officier.

—Je ne connais pas.

—Mais vous venez de quitter les arrêts parce que vous ne m’avez pas salué, la semaine dernière. C’était moi...

—Je ne sais pas.

L’Allemand n’avait qu’à lâcher la partie. Il la lâcha, en grognant des imprécations. Mais l’Anglais ne retourna point dans la chambre des arrêts.

Il ne faut pas croire cependant que les autorités impériales et royales ménageaient les prisonniers britanniques. Sans doute, tout au moins jusqu’à la fin de 1916, ils ne leur infligeaient pas les mille tracasseries dont les Français eurent constamment à souffrir. Mais ils avaient parfois contre eux des gestes pénibles dont je rapporterai l’exemple suivant, que je tiens de la victime, un jeune lieutenant irlandais.