Robert réfléchit profondément.

—«Se sont-ils tous enfuis?» se demanda-t-il. «Mais pourquoi?»

Il ne riait plus.

Et il eut tout à coup la révélation de sa destinée.

Il éprouvait qu’une force inconnue le dominait, qui faisait de lui un être odieux à tout le monde et que tout le monde évitait. Il n’avait le plus souvent que des impulsions mauvaises et de féroces desseins, et, chaque fois qu’il méditait quelque action, une pensée aussitôt le saisissait, irrésistible et le précipitait vers le mal.

—«D’où vient», se dit-il, «que je sois tel?» Il baissait la tête.

—«Suis-je donc né tel?» se dit-il.

Il songea soudain à sa mère.

—«Elle n’a jamais paru devant moi fort assurée», se dit-il encore.

Puis il leva la tête vers le ciel.