Or, soudain, un mouvement plus fort se produisit dans la foule. Des cris montèrent. Un tumulte s’ensuivit. On se bousculait, on courait aux nouvelles. On entendit crier:

—«Il vient, il vient, le Chevalier Blanc!»

—«Où est-il?» demandait-on.

—«Il vient. Nous l’avons vu. Il vient à l’assemblée.»

L’Empereur souriait.

Tous cherchaient à apercevoir le Chevalier Blanc. Nul ne l’apercevait. Et le tumulte augmentait peu à peu.

*
* *

En effet, il venait à l’assemblée, le Chevalier Blanc.

Il était entré dans la ville par la grand’porte, seul, sans escorte triomphale, sans suite orgueilleuse, absolument seul, comme il allait à la bataille. Tout armé de blanc sur son cheval blanc, sa lance blanche à la main, son blanc gonfanon flottant au vent jusqu’à l’arçon de la selle blanche, sa targe blanche au col pendante, il s’en venait, descendant à l’assemblée par les rues de la ville.

Il ne passa pas longtemps inaperçu. En moins de rien, toutes les portes, toutes les fenêtres, toutes les cours, toutes les rues s’emplirent de curieux enthousiastes. On l’acclama. Et, s’il n’avait pas d’escorte quand il franchit la grand’porte de la ville, il en eut une promptement, et dense, et joyeuse, et bruyante.