Tous les regards étaient tournés vers l’Empereur. On attendait avec impatience le dénouement de cette merveilleuse histoire.
L’Empereur dit:
—«Ami Robert, si le duc votre père est mort, quels que fussent ses mérites, ne vous en chagrinez pas outre mesure: je vous serai dorénavant un bon père. Je vous donnerai ma fille et ma couronne, et vous serez mon fils, et vous commanderez, ordonnerez, gouvernerez, jugerez et régnerez dans mon Empire avant moi-même.»
—«Sire!» répliquèrent les quatre barons normands, «il agirait mal, si, pour prendre votre fille, il laissait son peuple sans défense, et son duché à la merci de ceux qui le dévastent.»
Alors tous les regards se fixèrent sur Robert qui allait décider.
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Robert dit aux barons normands:
—«Seigneurs, écoutez. Pour Dieu, soyez en paix. Retournez dans votre pays. Je ne vous suivrai ni là ni ailleurs. J’ai trop à faire de me défendre et de me garder de toute surprise. Vous savez assez quel je fus jadis. Je ne retournerai pas à la tentation. Cherchez dans ma famille un homme qui me puisse remplacer: il n’en manque ni de braves ni de sages. Celui-là sera votre duc. Je ne m’oppose à rien de ce qu’il fera. Allez. Je n’irai pas en Normandie avec vous.»
—«Bel ami,» s’écria l’Empereur joyeusement, «le don que je vous promettais, acceptez-le. Il est à votre taille, et vous agirez bien.»
Sans délai, Robert répond: