Je regrettai peut-être de n’être point parti sans la revoir, car je me sentais moins courageux qu’elle. Et je répondis:

—Je vous aime.

Elle eut alors un sourire infiniment triste.

Je repris:

—Je ne vous demanderai jamais d’abandonner vos enfants. Je ne vous demanderai jamais rien. Je suis trop heureux de ce que vous daignez m’accorder.

—Ah! pauvre ami, c’est peu de chose.

—Voulez-vous bien...

—Il y a dix ans que je suis à vous. C’eût été mon bonheur de vous offrir ma jeunesse.

—Votre jeunesse! me récriai-je.

—J’ai deux enfants aujourd’hui, dit-elle. Allez, si vous m’aimez, c’est encore moi, de vous et de moi, qui ai la part la plus grande.