—Dites.

—Vous partez demain. Je vous suivrai de près. J’y songeais même avant de savoir quand vous partiriez. Bref, nous rentrons à Paris, vous chez vous, moi chez moi.

—Oui.

—Vous viendrez chez moi, si vous le désirez, dès que vous le désirerez, bien entendu. Je n’ai qu’un atelier pour tout logement. Il me suffisait. Il ne nous suffirait pas. Il sent le plâtre et la peinture. Je veux autre chose pour vous.

—Pour moi?

—Nous aurons notre chez-nous comme vous le souhaiterez. Nous le meublerons et le décorerons à votre goût et au mien, qui est le vôtre. Lorsque notre chez-nous sera prêt, lorsqu’il sera digne de vous et du sacrifice que vous avez promis de me faire, je vous rappellerai votre promesse. Vous la tiendrez quand vous voudrez. Mais, ce jour-là, je saurai ce que c’est qu’un homme heureux.

Je gardais ses mains entre mes mains. Elle me les déroba, saisit à son tour les miennes, m’attira.

Je me levai. Brusque, elle me prit la tête entre ses paumes et haussa ses yeux contre mes lèvres. Elle pleurait. Elle ne me défendit pas sa bouche. Elle haletait. Je connus qu’il y a une ivresse du baiser.

Quand elle parla, ce fut pour me dire:

—Je sais aujourd’hui ce que c’est qu’une femme heureuse.