Elle s’était levée. Elle m’emmenait.
Nous ne rencontrâmes personne. Le portier somnolant ne nous vit peut-être pas.
Elle ouvrit la porte de sa chambre et se posa l’index tendu contre les lèvres. J’entrai sans faire de bruit. A la lueur des lampes du couloir, j’aperçus deux petits lits, un de chaque côté de la fenêtre. Je m’approchai. Je regardai. Mon cœur battit avec violence.
—Ses enfants!
Je me retournai. Avait-elle compris, et regrettait-elle de m’avoir amené? Elle fermait la porte doucement. Presque aussitôt elle fut dans mes bras. Je cherchai son baiser. Elle y mit plus d’assurance.
L’avait-elle voulu? Elle m’entraîna. Je craignais surtout de heurter quelque meuble. Elle me tirait par les mains. Elle se renversa. Je tombai sur elle. Mon pied heurta le bois du lit. Elle éclata de rire. Puis ce fut un silence total. Les enfants dormaient. J’eus un mouvement de dégoût au contact de ce lit.
—Imbécile! me dis-je.
Quand je me dégageai, elle me suivit.
—Je suis heureuse, me dit-elle dans un souffle, en se faisant toute petite entre mes bras. Je suis à toi.
J’étais mécontent de moi. Le défaut de lumière sauva ma confusion.