—Et toi, méchant, tu ne le sais pas aussi, que je t’aime?
—Je voudrais tant le savoir!
Elle me repoussa doucement.
—Tu es injuste, dit-elle.
—Non, je souffre.
—Et moi, je ne souffre pas? Moi, qui suis là près de toi comme si plus rien n’existait que toi et moi, moi qui vais te quitter... Toi, du moins, tu seras seul, tu pourras faire ce que tu voudras, penser ce que tu voudras, te taire si tu veux; tandis que moi je devrai subir des questions, je devrai parler, répondre, je devrai...
—Tais-toi, je t’en supplie, tais-toi!
Qu’aurait-elle dit, si je ne l’avais pas retenue?
Je la serrai contre moi.
—Méchant, méchant! dit-elle tout bas.