—Avec les jeunes filles, oui, peut-être; avec les femmes, c’est plus douteux. Sans compter qu’aujourd’hui toutes les salles et tous les salons où l’on danse ont un air de maison louche fort contagieux. Non, je ne comprends pas qu’une femme, si elle aime et si elle est aimée, puisse se prêter à de tels dévergondages.
—Chéri, tu me désoles. T’ai-je dit que je dansais avec plaisir?
Je devinais l’excuse prête, excuse charitable, mais excuse.
—Ton beau-frère m’a dit, devant toi, que tu es une danseuse enragée.
Elle riposta:
—T’a-t-il dit depuis quand? T’a-t-il dit s’il me connaît? T’a-t-il dit s’il connaît le motif qui me pousse à courir les bals et les salles de spectacle?
Elle s’emportait comme si je l’avais offensée. Elle continua.
—Oublies-tu que j’ai un mari, qu’il est jeune, qu’il m’aime peut-être, que nous dormons dans la même chambre, et que je suis peut-être désirable?
—Mienne, je t’en prie!
—Pardon! s’écria-t-elle. Tu m’accuses, je me défends, et tu m’écouteras.