—Ne me raconte pas d’histoires, Mienne. Je sais danser et je sais ce que c’est qu’un bal. Un quart des danseurs, les débutants, n’ont que le souci de danser en mesure. Mais le reste, il suffit de les observer pendant cinq minutes; ils pratiquent la danse pour ce qu’elle est: un simulacre des jeux de l’amour.
Elle protesta vivement.
—Qu’on en ait conscience ou non,—tu vois, Mienne, que je fais grande la part de la naïveté,—la danse est un exercice indécent. Les Arabes, qui ont plus de pudeur que nous, ne dansent pas: ils regardent danser les femmes, lesquelles ne s’accouplent pas, et que dansent-elles? La danse du ventre, qui excite les hommes.
—Il est certain que la danse du ventre......
—... est la danse d’où les autres s’ensuivent. Mais, plus dégoûtants que les Arabes, et plus civilisés, dit-on, nos hommes ne se contentent pas de regarder les danseuses: ils s’accouplent à elles et se frottent contre leur ventre, en public.
—Tu ne diras pas que le shimmy...
—Le shimmy? répliquai-je. Le véritable nom de cette danse est: shimmy shake. Sais-tu ce que cela signifie?
—Non.
—Le tremblement de la chemise, si j’en crois Sem. C’est joli, n’est-ce pas? Et voilà ce que tu danses? Comment veux-tu que je m’en réjouisse?
—Mais, chéri, il y a des danseurs corrects.