—C’est trop populaire, disait le père Trébuc. Il y a de la promiscuité.

A Batignolles au contraire tout était pour le mieux. Mousseline, fillette grandissant sous les yeux de son père dans un jardin salubre, ne pouvait que subir sans gêne la direction de ses parents. Les parents furent récompensés. Mousseline à vingt ans était une jeune fille modeste, avenante, gaie, habile à se chiffonner une robe, sachant faire la cuisine, instruite au surplus, car elle avait son certificat d’études, et elle était dactylographe, gagnant de bons mois, comme disait son père, ce qui lui permettait d’aider ses parents. Ponctuelle avec cela, elle rentrait à heure fixe de son bureau.

—Un brin paresseuse au réveil pourtant, objectait la mère Trébuc, quand elle et le père Trébuc discutaient à voix basse de ce mariage que madame Loissel croyait possible.

—Hé! répondait le père. Faut bien qu’elle ait un défaut: elle serait trop parfaite. En tout cas, la Maman, tu ne diras pas qu’elle n’est pas docile, ta fille?

—Ça, c’est vrai, avouait la mère Trébuc.

Et il lui revenait à point que Mousseline s’était résignée à ne pas se couper les cheveux à la Jeanne d’Arc, quand toutes les filles se les coupaient ainsi.

—Avoue que j’avais raison, disait le père Trébuc: ça fait mauvais genre.

Depuis que sa fille était une jeune fille, tout tenait pour lui dans ces quatre mots:

—Ça fait mauvais genre.

VIII