—Non, mon vieux, du vrai.
Le père Trébuc haussa les épaules.
—Y en a plus.
—Je le fais moi-même.
Les deux amis se regardèrent.
Un copain avait confié le secret à Potonnot: on achetait à Vincennes un flacon de dentifrice, pour six francs; on le vidait dans un litre d’alcool à 90; quinze jours après, on avait du pernod, du véritable.
—Parce que ce dentifrice-là, mon vieux, expliqua Potonnot, je conseille à personne de se laver les dents avec. Et on n’en trouve qu’à Vincennes, tu sais, et il faut savoir où c’est.
Les yeux du père Trébuc brillèrent. Mais il ne demanda plus rien: la paille reprenait. Il se rappelait en silence le bon temps où les amateurs perdaient avec onction dix minutes et davantage pour préparer le plaisir désormais défendu.
—Ah! ah! ricanait du côté du comptoir, derrière le père Trébuc, une voix canaille qu’il connaissait bien.
La mère Chateplue! Cette chipie de mère Chateplue, comme disait la mère Trébuc.