Et Panouille lui souriait béatement : il n’avait jamais vu de si près une aussi jolie femme, et elle lui plaisait, car, comme lui, elle agrémentait ses propos d’ordures banales.

Quand il s’aperçut qu’il était seul à côté d’elle, sur la banquette du fond, devant une table chargée de bouteilles vides que leurs compagnons avaient quittée, il ne trouva même pas que son bonheur fût excessif.

Il était entré de plain-pied dans le beau royaume de la gloire.

XII

Le beau rêve fut d’abord incomparable : en quelque lieu que Romaine Vacaza emmenât Panouille, et elle l’emmena de tous côtés à travers Paris, on les recevait comme des personnages de qualité. Romaine, que certains nommaient sans façon Zaza, ce qui offensait Panouille, était fière du héros que chacun désirait connaître. On questionnait Panouille avec empressement. Il savourait les douceurs de la gloire.

Il estimait cependant que la plupart de ces inconnus, qui se montraient si empressés à le connaître, auraient pu se rappeler qu’il était député et conseiller municipal. Au lieu de quoi, chacun le congédiait avec des mots de compassion et d’encouragement. Avait-on donc à Paris si peu de respect pour les élus du peuple ?

Il craignait d’interroger Romaine là-dessus.

Dès le lendemain de leur rencontre, il lui avait demandé si Rechin était de ses amis.

— Rechin ? Qui c’est ?

— Le copain au maréchal des logis Faituel, tu sais bien ?