Romaine, qu’on nommait si souvent Zaza sans aucune espèce de considération, et que l’on tutoyait avec désinvolture, il avait fini par comprendre qu’elle n’était point une « dame » fort respectée, sinon fort respectable.
— Une créature, quoi ! se dit-il, quand elle l’eut laissé en plant dans l’avenue de Wagram, à la sortie de la réunion des postiers.
Et il regarda autour de lui, après l’avoir regardée qui s’éloignait. Mais, si deux ou trois manifestants des P. T. T. le saluèrent au passage, les autres, qui discutaient entre eux en gagnant la station de métro la plus proche, ne firent même pas attention à lui. Et bientôt, il fut seul.
Il fut seul dans Paris pour la première fois. Pour la première fois depuis sa sortie de prison, il se sentit embarrassé de ses puissantes mains sans emploi. Alors il eut soif, et, avisant un bar d’aspect modeste, il s’attabla à la terrasse.
— Une chopine de blanc, commanda-t-il.
Et il ajouta pour le garçon qui le servait d’un air distrait :
— Il faisait rudement chaud là-dedans !
— Ah ! oui, répondit l’autre sans plus d’entrain. Qu’est-ce que c’était, le métingue de ce soir ? Les ouvriers du bâtiment ?
— Les P. T. T.