— Peur, mon colonel ? Ayez l’obligeance de me rendre ma situation : je vous adresserai une plainte en conseil de guerre.

— Vous êtes fou ?

— Mon colonel, je suis très jeune, mais je défends à quiconque de douter de ma conscience. Avant de punir le canonnier Panouille, qui était coupable, mais auquel je reconnaissais, moi, l’excuse des circonstances atténuantes, j’ai réfléchi. Il mérite quatre jours de prison infligés par moi, huit par vous, mon colonel. Ce n’est pas un journal d’exploiteurs du peuple qui changera rien à ma décision.

— Je vous prie de ne pas faire ici de politique, capitaine.

— Je ne fais pas de politique. Ces journaux sont à la solde de l’étranger.

— Raison de plus pour ne pas leur donner d’armes contre nous. Mais, encore un coup, laissez ce chapitre. C’est moi qui vous conseillais de réfléchir davantage.

— J’ai réfléchi.

— Bien. Mais vous n’aviez pas prévu les conséquences de cette affaire.

— Je n’ai pas à les prévoir.

— C’est votre dernier mot ?