— Non.
— Il a fait l’inventaire du magasin d’habillement.
— Puisqu’il a donné sa démission, il s’apprête.
— Le colonel nous a prescrit, ce matin, de nous montrer le moins possible en uniforme dans les rues, pour éviter de créer des incidents.
— Il a peut-être raison ?
— Il a raison, il a raison… En tout cas, avant la guerre, on ne baissait point pavillon comme ça devant les anarchistes. Rappelle-toi, au printemps, quand il y avait retraite militaire, le samedi soir, tout le peuple suivait. Et même, les conseillers municipaux des faubourgs ont réclamé, parce que les retraites ne passaient point par les faubourgs. Ainsi, tu vois !
— Nous ne sommes plus avant la guerre.
— Foutre non !
— Édouard !
Madame Calorgne se permettait quelquefois de relever les écarts de langage de son mari. Il n’avait que trop souvent tendance à parler comme il parlait avant la guerre, quand il était sous-officier. Et le lieutenant Calorgne tolérait ces reproches de sa femme.