Il coupa :

— Appelle-moi maître, je suis ton avocat.

Les explications de son client lui parurent à la fois insuffisantes et superflues. Il connaissait l’affaire Panouille mieux que Panouille.

Mais Panouille se rappela que ses amis lui avaient conseillé de ne pas nier, et il interrogea le camarade Maître Pigace.

— C’est que, dit-il, j’ai pas frappé le lieutenant, et j’ai pas crié : « A bas la guerre ! »

— Tu n’as rien à répondre, trancha l’avocat.

Il avait pesé son client.

— Je suis là pour te défendre, fit-il. A toutes les questions que l’on te posera, réponds seulement : « Je n’ai rien à répondre. » Je me charge du reste.

— Bien, monsieur, dit Panouille…

Alors le camarade Pigace commença devant Panouille une longue conférence véhémente, qui était peut-être un projet de plaidoyer, et dont plus d’un point échappait à Panouille.