[27] John Dennis, critique littéraire 1657-1734.

[28] Citation prise dans la Vie de Hobbes que lui-même a écrite en vers latins élégiaques et qui fut publiée en décembre 1679, environ trois semaines après sa mort. Le docteur Isaac Dorislaus, hollandais naturalisé anglais, avait pris part au procès de Charles Ier. Envoyé en mission à la Haye par la République anglaise, il y fut assassiné dans une auberge, le 13 mai 1649, par des exilés royalistes. Anthony Ascham, envoyé l’année suivante à Madrid, y trouva un sort semblable, assassiné par des réfugiés royalistes anglais, le 27 mai 1650. (M)

[29] Thomas Tenison 1636-1715, archevêque de Canterbury en 1694.

[30] Un des premiers ouvrages publiés par Hobbes, il avait alors 48 ans, est un poème en latin De Mirabilibus Pecci, imprimé à Londres en 1636.

[31] Chatsworth était alors, comme à présent, la superbe résidence des Cavendish de la branche aînée, — en ce temps-là comtes, aujourd’hui ducs de Devonshire. C’est l’honneur de cette famille d’avoir, durant deux générations, donné asile à Hobbes. Il est à remarquer que Hobbes est né l’année de l’Armada espagnole, en 1588, (c’est, du moins, ce que je crois), et, lors de sa rencontre avec Tenison, en 1670, il devait donc avoir environ quatre-vingt-deux ans. (Note de De Quincey.)

[32] A l’âge de 28 ans Berkeley est allé certainement à Paris ; il était alors Junior fellow de Trinity College, à Dublin. Dans une lettre, datée : « Paris, 25 novembre 1713 », il dit en effet : « J’ai l’intention de faire visite demain au Père Malebranche, et de discuter certains points avec lui ». Cette visite a-t-elle eu lieu, on l’ignore, mais il a certainement visité Malebranche plus tard, en octobre 1715, et c’est le 13 du même mois que Malebranche est mort, à l’âge de 77 ans. Voici l’histoire de cette visite telle que la rapporte le Professeur Campbell Fraser dans la Vie et les Lettres de Berkeley (1871) : « Il trouva le savant Père dans une cellule, qui faisait chauffer sur un petit poêlon un médicament pour une indisposition qui le tourmentait en ce temps-là, une inflammation pulmonaire. La conversation porta naturellement sur le système de Berkeley, dont il avait pris connaissance dans une traduction qui venait de paraître. L’issue de ce débat fut tragique pour le malheureux Malebranche. Dans la chaleur de la discussion, il éleva trop la voix, et s’abandonna si imprudemment à l’impétuosité naturelle à un homme de talent et à un français, qu’il provoqua une aggravation de sa maladie, laquelle l’emporta quelques jours après. — « Il est malheureux, ajoute le professeur Fraser, que nous n’ayons de cette rencontre aucun récit authentique, surtout par Berkeley lui-même, ou par quelqu’un dont on puisse reconnaître l’autorité ». Elle est racontée seulement dans une Vie de Berkeley, par Stock, parue en 1776. (M)

[33] Que signifie (demanda frere Jean) et que veult dire, que tousjours vous trouvez Moynes en cuisines, jamais n’y trouvez Roys, Papes, ne Empereurs ? Est-ce, respondit Rhizotome, quelcque vertus latente, et propriété specificque absconse dedans les marmites et contrehastiers, qui les Moynes y attire, comme l’aimant à soy le fer attire, n’y attire Empereurs, Papes, ne Roys ? Ou si c’est une induction et inclination naturelle aux frocs et cagoulles adhérente, laquelle de soy mene et poulse les bons Religieux en cuisines, encores qu’ils n’eussent election ne deliberation d’y aller ? Il veult dire, respondit Epistemon, formes suivantes la matiere. Ainsi les nomme Averrois. Voire, voire, dist frere Jean.

(Au chapitre XI du Quart livre des faicts et dicts héroïques du noble Pantagruel composé par M. François Rabelais, Docteur en medecine et Calloier des Isles Hyères. L’An mil cinq cens quarante et huict suivant l’édition in-16 de Claude la Ville à Valence.)

[34] Sermons de l’Hôpital — « Spital Sermons » nom sous lequel on désigne la réunion des discours du docteur Parr.

[35] Le 17 octobre 1678, un cadavre transpercé d’une épée, le visage écrasé, des marques de strangulation au cou, fut découvert dans un fossé au pied de Primrose Hill, dans des champs au nord de Londres. Il se trouva que c’était celui de Sir Edmunbury Godfrey, magistrat de Westminster, qui avait, depuis plusieurs jours, disparu de chez lui, Green’s Lane, dans le Strand. Sur les apparences, on conclut qu’il avait été étranglé dans Londres, aux environs du Strand, d’où son corps avait été transporté à l’endroit où on l’avait trouvé. Or comme c’est devant ce magistrat que Titus Oates avait fait sa première déposition, le 27 du mois précédent, touchant l’existence d’un grand complot papiste pour la ruine de Londres et de toute la nation, le bruit courut aussitôt que l’assassinat était l’œuvre des Catholiques, et, durant la longue et folle agitation anti-papiste qui suivit, l’assassinat de Sir Edmundbury Godfrey servit d’aiguillon à la fureur populaire, et on continua à parler de lui comme d’un « martyr protestant ». (M)