JE. Quand je, mis après un verbe, produit un son désagréable, ce qui a lieu le plus souvent pour les verbes qui n'ont qu'une syllabe au présent de l'indicatif, il faut prendre un autre tour: ainsi au lieu de dors-je? ris-je? choisis-je? mangé-je? dites, est-ce que je dors? est-ce que je ris? etc.

JETER. Ce verbe et tous ceux qui sont terminés en eter à l'infinitif, comme fureter, feuilleter, souffleter, projeter, etc. ne doublent la consonne t que devant un e muet. Je jette, tu jettes, il jette, nous jetons, vous jetez, ils jettent, je jetais, tu jetais, il jetait, nous jetions, vous jetiez, ils jetaient, je jetai, tu jetas, il jeta, nous jetâmes, vous jetâtes, ils jetèrent, je jetterai, tu jetteras, nous jetterons, vous jetterez, ils jetteront, je jetterais, etc., jette, jetons, jetez, que je jette, que tu jettes, qu'il jette, que nous jetions, que vous jetiez, qu'ils jettent, que je jetasse, etc., jetant, jeté, jetée.

JOINDRE signifiant ajouter demande à: joignez cette maison à la vôtre: dans le sens d'unir, d'allier, il prend indifféremment à ou avec: joindre la prudence à ou avec la bravoure.

JOUIR se prend toujours en bonne part: ainsi ne dites pas, jouir d'une mauvaise santé:—jouir d'une mauvaise réputation: dites, avoir une mauvaise santé:—une mauvaise réputation.

JUSQUE. Au lieu de jusque, on peut employer jusques devant une voyelle: jusqu'à nous, ou jusques à nous: c'est l'oreille qui en décide.

L'e de jusque s'élide seulement devant à, au, aux, ici: jusqu'à Paris,—jusqu'au Pérou,—jusqu'ici.

L'usage permet de dire également, jusqu'à aujourd'hui, et jusqu'aujourd'hui.

L finale ne se prononce pas dans baril, chenil, coutil, fournil, fusil, gril, nombril, outil, persil, soûl, sourcil, gentil (idolâtre). Mais elle sonne dans tous les autres mots.

Cependant il faut remarquer que cette lettre, dans le mot gentil pour signifier joli, ne sonne que devant une voyelle, et qu'alors elle se mouille comme au feminin: un gentil enfant: prononcez un gentille enfant: mais au pluriel l'l reste muette, et on dit genti-zan-fan.

L finale précédée d'un i prend le son mouillé, dans avril, babil, cil, mil (petit grain), péril, bail, travail, fénil, etc.