IMPERATIF. La seconde personne singulière de l'impératif, excepté pour les quatre verbes irréguliers, aller, avoir, être et savoir, est toujours semblable à la première du présent de l'indicatif. Ainsi l'on dira, travaille, cueille, et non pas, travailles, cueilles, à moins pourtant que la seconde personne de l'impératif terminée par un e muet, ne soit suivie d'un y, ou du pronom en: elle prend alors une s, pour la douceur de la prononciation; travailles-y,—donnes-en.

L'impératif va, suivi d'y et d'en, prend aussi une s euphonique: vas-y,—vas en chercher.

IMPOSITION. Le mot anglais imposition signifie quelquefois abus de pouvoir, fraude, etc. Le mot français imposition ne comporte pas cette acception.

INCLUS. Ci-inclus, ci joint, sont invariables quand ils précèdent un nom, dont le sens est vague: vous trouverez ci-inclus,—ci-joint copie de ma lettre. Mais quand l'énonciation est précise, comme la copie, l'accord a lieu; vous trouverez ci-incluse,—ci-jointe la copie de ma lettre.

INSULTER quelqu'un, c'est l'injurier. Insulter à quelqu'un, c'est manquer aux égards que réclament sa faiblesse, son malheur: insulter aux malheureux.

INTERJECTIONS. Duvivier dit

«que beaucoup de personnes écrivent indistinctement ah! et ha!—ô! oh! et ho!—eh! et hé!» et il ajoute, «que cette diversité d'orthographe vient de la difficulté de représenter nettement, par l'écriture, le mouvement de l'organe dans l'espèce de cri inarticulé que nous arrache une émotion vive.»

Ce qui suit est puisé dans le Dictionnaire de l'Académie.

«O avec l'accent circonflexe est une interjection qui sert à marquer diverses passions... ô siècle! ô temps! ô le plaisant homme! ô si je pouvais!

«O, sans accent circonflexe, désigne l'apostrophe, o mon fils! o mon Dieu!

«OH. Interjection qui marque la surprise ou l'affirmation. Oh, oh, je n'y prenais pas garde:—Oh pour cela, non.

«HO. Interjection qui sert tantôt pour appeler, tantôt pour témoigner de l'étonnement ou de l'indignation. Ho! venez un peu ici. Ho! que me dites-vous là?

«Quand il est interjection d'étonnement, ou d'indignation, il s'écrit quelquefois oh!

«AH. Interjection qui sert à marquer la joie, la douleur, l'admiration... Ah! que vous me faites plaisir! Ah! que vous me faites mal!

«Ce n'est souvent qu'une interjection explétive, qui ne sert qu'à rendre une locution plus animée. Ah! Madame, gardez-vous de le croire.

«HA. Interjection de surprise, d'étonnement. Ha! vous voilà! Ha! ha! Il se confond souvent avec l'interjection ah!

«EH. Interjection d'admiration, de surprise. Eh! qui airait pu croire que...

«HÉ. Interjection qui sert principalement à appeler. Hé! viens ça.

«Souvent cette interjection se confond avec eh, soit pour avertir de prendre garde à quelque chose, comme, Hé! qu'allez-vous faire? soit pour témoigner de la commisération, Hé! mon Dieu... soit pour marquer de la douleur, Hé! qu'ai-je fait?»

JAMAIS. Après jamais l'on sous-entend souvent l'article devant les substantifs communs, et alors on met ces substantifs au singulier: jamais mortel n'a joui d'un bonheur parfait, et non pas, jamais mortels n'ont joui, etc.