Cependant si les mots unis par ou sont de différentes personnes, l'usage demande que le verbe se mette au pluriel, et qu'il s'accorde avec la personne qui a la priorité:—c'est toi ou moi qui avons fait cela,—c'est toi ou lui qui avez dit cela:—lui ou moi nous serons peut-être assez heureux, etc.

Dans les phrases où deux substantifs, ou bien deux pronoms sont liés par une des conjonctions, de même que, aussi bien que, comme, non plus que, plutôt que, avec, ainsi que, et autres semblables, c'est avec le premier substantif que l'accord a lieu: la vertu, de même que le savoir, A son prix. C'est sa fille, plutôt que son fils, qu'il a déshéritée.

Après l'un et l'autre faut-il mettre le verbe au singulier, ou au pluriel?

L'Académie, Vaugelas, Marmontel, &c., sont d'avis que l'on peut se servir indifféremment du singulier ou du pluriel: mais presque tous les grammairiens, suivant Duvivier, se sont prononcés pour le pluriel.

Si l'un et l'autre était placé après le verbe, le pluriel serait de rigueur. Ils voulaient l'un et l'autre se promener.

Si les sujets sont exprimés par ni l'un ni l'autre, ou sont liés par ni répété, le verbe doit-il être mis au singulier ou au pluriel?

Duvivier répond qu'on est libre de se décider en faveur du singulier ou du pluriel, puisque l'Académie et les meilleurs auteurs ont fait usage indifféremment du singulier et du pluriel.

Il ajoute cependant qu'il se range à l'opinion de Wailly et de Marmontel qui veulent que quand les deux sujets concourent à l'action, l'on donne au verbe la forme plurielle, parce qu'il y a pluralité dans l'idée, et que l'on dise, ni l'un ni l'autre n'ont fait leur devoir:—Ni la douceur ni la force ne peuvent rien.

Mais si l'un des deux sujets seulement fait, ou reçoit l'action, parce qu'alors il y a unité dans la pensée, les mêmes grammairiens veulent que l'on mette le verbe au singulier, et que l'on dise, ni l'un ni l'autre n'est mon père:—Ce ne sera ni Mr. le Duc, ni Mr. le Comte qui sera nommé ambassadeur d'Espagne.

Lorsque le verbe qui suit ni répété, est au pluriel, on doit le faire accorder avec la personne qui a la priorité. Ni vous ni moi ne sommes coupables.—Ni vous ni lui n'avez fait cela.