PARTICIPE PASSÉ du verbe réfléchi, formé d'un verbe neutre. Ce participe est toujours invariable, parce que son verbe n'ayant pas de régime direct, ne peut en être précédé: elles se sont nui:—ils se sont parlé:—elles se sont succédé.
Les verbes réfléchis ainsi formés d'un verbe neutre, sont au nombre de neuf, savoir; se plaire, se déplaire, se complaire, se rire, se sourire, se parler, se succéder, se nuire, s'entre-nuire.
Le participe passé fait, suivi d'un infinitif, est toujours invariable: la maison que j'ai fait bâtir:—les habits que j'ai fait faire.
Beaucoup de grammairiens veulent que le participe laissé suive la même règle, et que l'on écrive: la femme que j'ai laissé passer. D'autres veulent que ce mot suive la règle générale, et que l'on écrive: la femme que j'ai laissée passer.
PARTICIPE PASSÉ joint au verbe avoir précédé du mot en. Ce participe est invariable, à moins qu'il ne soit précédé d'un autre régime direct: vous avez plus de richesses que je ne vous en ai donné, et non pas données:—il m'a promis plus de services qu'il ne m'en a rendu, et non pas rendus.
Les participes donné et rendu sont invariables ici parce que le mot en est un pronom relatif qui signifie de cela, et qui par conséquent représente un régime indirect.
Mais le participe est variable s'il est précédé d'un autre pronom qui en soit le régime direct: j'ai écrit à mon frère, et voici la réponse que j'en ai reçue. Reçue est au féminin et au singulier, parce qu'il est précédé de son régime direct, le relatif que pronom qui se rapporte à réponse. Le pronom en est régime indirect et signifie de mon frère.
PARTICIPE PASSÉ joint au verbe avoir précédé du mot le. Ce participe ne varie point, lorsque le relatif le se rapporte à un adjectif: ainsi l'on écrira: votre sœur n'est pas aussi instruite que je l'avais pensé, parce que le pronom le se rapporte à l'adjectif instruite.
Mais le participe varie, quand le mot le se rapporte à un substantif, comme dans cette phrase: ma sœur est toujours la même que je l'ai connue.
PARTICIPE PASSÉ des verbes impersonnels il a fait, il y a eu. Ce participe demeure invariable: ainsi on dit, les chaleurs qu'il a fait; et non pas, qu'il a faites:—la disette qu'il y a eu pendant l'hiver dernier; et non pas, qu'il y a eue.