Le participe passé de se plaindre s'accorde toujours avec le second pronom: ils se sont plaints de vous:—elle s'est plainte de votre conduite: excepté lorsque se plaindre signifie se refuser, cas dans lequel le second pronom cesse d'être régime direct, elle s'est plaint le boire et le manger.

PLAIRE. Ce qui plait est ce qui est agréable: ce qu'il plait est ce que l'on veut: les incensés sacrifient leurs intérêts à ce qui leur plait:—les gens d'un caractère opiniâtre ne veulent faire que ce qu'il leur plait.

On doit répondre à quelqu'un qui offre quelque chose, ce qu'il vous plaîra, et non pas, ce qui vous plaîra.

Le participe passé de plaire est toujours invariable:—ils nous ont plu:—ils se sont plu réciproquement:—ils se sont plu à me contrarier:—elles se sont plu à la campagne.

PLAISIR (il y a). Cette locution prend à devant une consonne, et de devant une voyelle. Il y a plaisir à l'entendre chanter:—il y a plaisir d'avoir affaire à un homme si loyal.

PLÉONASME. Le pléonasme est autorisé lorsqu'il ajoute à la phrase plus d'énergie et de grâce; mais souvent il est un vice à éviter. Voici quelques phrases dans lesquelles le pléonasme est vicieux. S'entr'égorger les uns les autres: les mots les uns les autres sont superflus:—plaintes réciproques de part et d'autre: de part et d'autre sont redondans: discours rempli de beaucoup de citations: beaucoup est inutile.—À Mons. N, Prêtre, Curé de N;—À Mons. N, Prêtre, Vicaire de N:—Je, soussigné, Prêtre, Curé de N. Le mot prêtre dans ces phrases est superflu:—une heure de temps: retranchez de temps:—ainsi donc vous avez tort; l'un des deux termes ainsi et donc est redondant:—les ennemis reculent en arrière: on ne recule pas en avant; en arrière est donc superflu; un brillant éclat: brillant est superflu, car tout éclat est brillant:—un cadavre inanimé; certes il n'y a pas de cadavre animé:—il fut forcé malgré lui d'y consentir; supprimez malgré lui:—il faut s'entr'aider mutuellement; le dernier mot de cette phrase n'ajoute rien au sens:—un petit peu; retranchez petit:—dépêchez-vous vite; vite est superflu:—tempête orageuse; retranchez orageuse:—voyons voir; répétition barbare:—je vais aller le chercher, dites je vais le chercher:—pour faire fuir les ennemis on n'aurait seulement qu'à se montrer; seulement est superflu:—je vais dîner, et puis ensuite je me rendrai chez vous; puis signifie ensuite, il faut donc retrancher l'un ou l'autre:—réellement vrai; langage ridicule:—au jour d'aujourd'hui; jour est de trop:—hémorragie de sang: retranchez de sang, puisque le mot hémorragie signifie par lui-même perte de sang:—il est impossible qu'on puisse réussir; dites, il est impossible de réussir:—il est impossible de pouvoir; otez de pouvoir:—je suis bien parfaitement, ou très-parfaitement votre humble serviteur; les mots bien et très, joints à parfaitement, sont redondans, parce qu'on ne peut rien ajouter à ce qui est parfait:—un des modèles les plus parfaits est une faute, retranchez les plus. Quelques grammairiens souffrent dans la conversation familière ces expressions, montez en haut;—descendez en bas;—je veux unir ces deux prairies ensemble.

PLIER, c'est mettre en plusieurs doubles: plier du linge;—plier une lettre.

PLOYER. Je ploie, tu ploies, il ploie, nous ployons, vous ployez, ils ploient, je ployais, nous ployions, vous ployiez, ils ployaient, je ployai, je ploierai, je ploierais, ploie, ployons, ployez, que je ploie, que nous ployions, qu'ils ploient, que je ployasse, ployant, ployé, ployée.

Ployer, c'est courber, faire fléchir: ployer une branche d'arbre.

PLUPART. Le substantif plupart étant un collectif partitif, veut que le verbe et les autres correspondans, comme adjectifs, participes et pronoms s'accordent avec le substantif exprimé, ou sous-entendu après la plupart: la plupart du monde pense,—la plupart des sénateurs étaient mécontens et fatigués de la guerre;—la plupart étaient d'avis que...