BUT. Ne dites pas, j'ai rempli mon but, mais, j'ai atteint mon but.

BUTIN est tout ce qu'on enlève à l'ennemi. Dans le langage du peuple ce mot signifie, meubles, marchandises, comestibles, toutes sortes d'effets en un mot: et de là une multitude innombrable de locutions ignobles, dont voici quelques échantillons. Un huitrier dit, j'ai vendu tout mon butin: un acheteur qui n'a pas achevé de faire ses amplettes, j'ai encore du butin à acheter: celui-ci, à l'aspect de beaux meubles s'écrie, voilà de beau butin: celui-là, à la vue d'un voleur qui enlève ses volailles, au voleur! qui emporte mon butin: cet autre, en parlant d'un tailleur qui a gâté son habit, il a gâté mon butin. Quel pitoyable langage!

CADRE. On emploie abusivement ce mot pour signifier image, estampe, etc.: et l'on dit, voilà un beau cadre:—quel est le prix de ce cadre? pour, voilà une belle estampe:—quel est le prix de cette image?

Cadre n'est que la bordure de bois, de bronze, etc., dans laquelle on enchâsse un tableau, une estampe, etc.

CAILLE pour signifier tacheté de blanc et de noir, en parlant des bestiaux, etc., n'est pas français.

CAJEU, CAGE. En parlant de pièces de bois liées ensemble, que l'on transporte à flot sur une rivière, gardez-vous de dire, cajeu, cage. Cajeu n'est pas français, non plus que cage dans le sens qu'on lui prête ici. Dites, train, radeau, train de bois, etc.

Drame employé dans le sens de radeau est également un barbarisme.

CALER, terme de marine, est employé improprement par le peuple pour signifier enfoncer dans la boue,—dans l'eau,—couler à fond.

Caler un fossé, pour, creuser un fossé est aussi une locution vicieuse.

CANOT. Outre le canot fait d'écorce, ou d'un tronc d'arbre, une autre petite embarcation, destinée pour l'ordinaire, au service des vaisseaux, se nomme canot. Désigner ce canot par le mot chaloupe, est une faute grave. Chaloupe, que les Anglais nomment long-boat, est une embarcation plus grande que le canot, et porte quelquefois le nom de grand canot.