Parmi les personnages que les anciens aimaient à voir représenter par leurs danseuses au milieu du festin, les Bacchantes offraient sans doute un attrait piquant à leur goût pour le plaisir. Les poètes donnaient leur caractère. «Presque nues, à peine couvertes d'une peau de tigre ou d'un vêtement léger, prêtes à se livrer aux orgies de Bacchus, on les voit détacher les bandelettes de leur chevelure et l'abandonner aux vents, s'agiter vivement, et accompagner leurs mouvemens du bruit du tambour; elles ne donnent pas moins l'image de l'ivresse de Vénus que de Bacchus».
Le mouvement de notre Danseuse est plus composé; ses cheveux dénoués ne sont pas encore en désordre; elle vient de commencer la danse.
Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.
PLANCHE XXI.
Cette Danseuse se fait encore admirer par sa grâce et sa légèreté; ses cheveux ne sont point épars, mais le lierre dont ils sont couronnés, la peau de tigre ou de panthère qui de l'épaule gauche s'envole sous son bras, nous font reconnaître une Bacchante. Elle fait résonner dans ses mains les cymbales, dont le bruit harmonieux doit accompagner les clameurs des Prétresses de Bacchus; les bracelets à double rang sont de couleur d'or; son vêtement est de cette couleur d'azur que le galant Ovide distingue parmi celles qui plaisaient le plus aux femmes.
Les Bacchantes ne sont pas toujours caractérisées par le désordre de leur chevelure; on en trouve souvent, dans les monumens antiques, dont les cheveux sont soigneusement arrangés. Un poète latin (Corn. Gallus, l. IV) nous peint ainsi l'une de ces femmes voluptueuses: «Sa beauté ingénue lui faisait donner le nom de Candide; les tresses de ses cheveux étaient divisées avec art; les cymbales retentissaient entre ses mains agiles, et leur éclat se réfléchissait sur tout son corps; je la vis danser et fus épris d'amour».
Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3p°. 6 lig.