Cette figure svelte et gracieuse est vêtue d'une robe violette longue et transparente; l'épaule et le bras nus, elle semble avoir suivi le conseil du précepteur des amours, qui apprend à ses écolières que la partie qui attire le plus les regards des amans est celle où ces belles formes se confondent. (OVID. de art. III, v. 307.) Un voile léger jeté sur l'autre épaule passe sur son sein, vient former un tour à son bras droit, et voltige agréablement par derrière; son poignet est paré d'un bracelet d'or; de légères semelles forment sa chaussure; les feuilles de roseau dont ses cheveux blonds sont couronnés, le vase qu'elle porte d'une main, le disque qu'elle soutient de l'autre, et où l'on distingue trois figues, paraissent faire allusion à son caractère. C'est une Naïade, suivante de Bacchus, ou une femme qui, sous ce personnage, fait au Dieu l'offrande des prémices d'un fruit qui lui est consacré, ou l'une de celles qu'on appelait pour servir dans les festins somptueux. La couleur violette qui distingue son vêtement était très-recherchée des femmes dans leur parure, et une profession en prenait à Rome le nom de violarii.

Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°.6 lig.

PLANCHE XXIII.

Cette jolie figure a beaucoup de rapport avec la précédente par l'expression, quoique ses attributs lui donnent un caractère différent. Sa couronne formée de tiges de blé, et sa robe blanche, ont quelque rapport aux fêtes de Cérès, célébrées très-souvent par les anciens avec celles de Bacchus. C'est encore une Danseuse appelée dans un festin; elle porte un panier de la main droite, et de l'autre un disque; comme sa compagne, elle est sans ceinture, et son vêtement flottant laisse découvert le sein et le bras droit; au-lieu de sandales, elle porte des chaussons. Cette figure rappelle la danse religieuse des Cernophores; l'imitation des usages religieux embellit souvent les fêtes consacrées aux plaisirs. La tunique flottante était une recherche des femmes voluptueuses et des hommes qui s'en rapprochaient par leur goût; elle prêtait à la grâce des mouvemens, et les ondulations produites par le zéphir donnaient un attrait plus piquant aux formes que décélait la transparence du vêtement.

Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.

PLANCHE XXIV.

Quelle est cette gracieuse figure? La blancheur de son vêtement, la candeur qui règne dans ses traits, ont fait croire qu'elle représentait la Paix. D'une main elle porte une branche chargée de deux fruits qui ressemblent à des citrons; de l'autre, un sceptre couleur d'or. «La Paix dispense les biens et nourrit la jeunesse; elle est agréable au fils joyeux de Jupiter; le chantre des plaisirs veut qu'elle préside à la joie de ses convives». L'image de cette Déesse est bien placée dans une salle de festin; mais ce diadème, ce voile autour de la tête, ce manteau azuré et les autres attributs, seront peut-être réclamés par Vénus. Cythérée orna ses jardins de l'arbre à pommes d'or; un sceptre désigne sa puissance; elle aime la couleur des flots où elle prit naissance; les boucles de perles aux oreilles sont rarement oubliées dans les images de cette Déesse, même en sculpture; et les médailles nous la représentent souvent avec la même coiffure. N'est-ce pas aussi une Prêtresse de Bacchus, qui préside au choeur des danseuses, représenté par cette suite de peintures. Le sceptre était au nombre des marques de la dignité des Prêtresses; les fruits et leurs prémices étaient consacrés à ce Dieu. Il est souvent plus facile d'admirer l'habileté de l'artiste, que d'assigner une intention à ses caprices.

Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.