Ces deux peintures d'un excellent coloris furent trouvées dans les fouilles de Résine, le 31 août 1748; elles représentent deux Siéges majestueux enrichis d'ornemens recherchés, et accompagnés de marche-pieds couleur d'or; cet accessoire nous autorise à voir ici cette espèce de Siége qu'on appelait proprement un trône; il convient aux dieux et aux souverains. Les attributs et les amours ou génies qu'on remarque aux côtés, nous apprennent à quelles divinités ces deux trônes sont consacrés; sur l'un repose la colombe de Vénus; le coussin est couleur de rose; la draperie jetée sur le dossier et qui retombe sur les bras, est de couleur verte changeante. L'un des génies y suspend une guirlande qui paraît formée de feuilles de myrte; l'autre porte le sceptre: ce trône attend la Reine des Amours. Le second appartient à son belliqueux amant. Le casque de Mars, surmonté d'un panache, est déposé sur le coussin; l'un des génies soutient son grand bouclier; et l'autre arrange une guirlande qui paraît composée de laurier, récompense de la valeur. Rien n'est plus gracieux que la pose des quatre génies; l'opposition que le peintre leur a donnée dans ces deux peintures qui font pendant, est d'une heureuse intention. Les colliers et les cercles d'or dont sont ornés le cou, les bras et les jambes de ces beaux enfans, sont une parure distinguée.

Hauteur, 8 p°. 3 lig.—Largeur, 1 P. 1 p°. 6 lig.

PLANCHE XXX.

On découvrit dans les fouilles de Résine, au mois de septembre 1748, ces peintures et les suivantes, où sont représentés les Génies de la danse et de la musique, des jeux de l'enfance, de quelques arts mécaniques et de divers exercices. Dans le premier tableau, l'un des petits danseurs est en mouvement, tenant d'une main une espèce de roseau fendu, dont le bruit paraît devoir marquer la mesure; l'autre, prêt à partir, ajuste une couronne de myrte sur sa tête, à l'envi de son compagnon déjà couronné. Dans le second tableau, l'un, presque en repos, tient aussi un roseau fendu; l'autre, en mouvement, porte sur l'épaule un long sceptre, orné au bout d'une pomme ou d'une balle, et tient un disque ou plutôt un petit tambour suspendu à un cordon. On peut considérer ce sceptre comme destiné à servir de balancier, ou à faire briller l'adresse du danseur. On sait à quel point les anciens ont porté le goût de la danse. Cet art, également consacré par la religion et par le plaisir, faisait partie de l'éducation publique chez plusieurs peuples; et les artistes ont pris souvent plaisir à nous retracer les modèles qu'il leur offrait.

Hauteur, 8 p°. 3 lig—Largeur, 1 P. 1 p°. 6 lig.

PLANCHE XXX1.

Ces deux peintures offrent l'union de la danse et de la musique. Dans la première, l'un des Génies joue d'une flûte double garnie de clefs pour en varier les modulations; l'autre saute ou danse sur un seul pied avec un bâton ou peut-être un balancier sur l'épaule, pour conserver l'équilibre. Dans la seconde peinture, l'enfant armé d'un instrument, dont l'extrémité fendue est retenue par un anneau, pourrait représenter une espèce de danse que Pollux nomme fissilia trahere; nous remarquerons au reste plusieurs instrumens peu connus, et qui paraissent tous répondre à la même intention, celle de produire un certain bruit qui marque le temps ou la mesure. L'autre danseur accompagne ses pas du son d'une lyre à six cordes dont il touche avec grâce.

Hauteur, 8 p°. 3 lig.—Largeur, 1 P. 1 p°. 6 lig.