PLANCHE XXVII.

Ce Centaure sans barbe enseigne à jouer de la lyre à un jeune homme qu'il soutient légèrement. La nuance de la partie inférieure est un bai-clair; les draperies sont violettes; le thyrse et le tympanum que l'on y voit suspendus, désignent un suivant de Bacchus. La lyre dont il donne des leçons, nous rappelle Chiron, qui montre au jeune Achille l'art de jouer de cet instrument; d'ailleurs, les suivans de Bacchus cultivent tous les genres de musique, et il n'est pas rare de voir la lyre entre les mains des Centaures attelés à son char. Les cheveux hérissés du Centaure sont assez dans le caractère des êtres rustiques que les anciens poëtes rangent dans le cortége du Dieu de l'Ivresse, tels que les Faunes, les Satyres, etc.

Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.

PLANCHE XXVIII.

Le sujet que nous admirons ici n'a rien qui ne rappelle le pinceau qui a produit les trois précédens; mais il est sensible que l'artiste s'est surpassé lui-même dans les grâces et la délicatesse de l'exécution. Ce charme inexprimable qui, au rapport de Lucien, donnait tant de prix à la Centauresse de Zeuxis, se reproduit dans celle-ci. Il réside dans l'union subtile des deux natures de cet être imaginaire; la blancheur répandue sur la carnation délicate de l'une, se distingue de celle qui brille sur le manteau poli de la seconde; mais l'œil se perd dans les nuances incertaines qui les séparent. Cette finesse, ces coups de pinceau qui décèlent si souvent une main de maître, nous prouvent bien que ces anciens artistes avaient une connaissance profonde de l'art; leurs fautes n'étaient que des négligences; on s'aperçoit quelquefois de leurs repentirs par les couches de couleur qui se retrouvent sur l'enduit; mais souvent ils ne prenaient pas la peine de corriger les premiers traits de leur pinceau. Ici le fini de l'exécution répond au mérite d'une heureuse invention. L'attitude du groupe est admirable et le mouvement plein de charmes. Le jeune homme, légèrement soutenu d'une main sur l'épaule de sa belle compagne, lui présente une cymbale dorée quelle est prête à frapper de la sienne, en-même-temps qu'elle touche avec grâce les cordes de sa lyre. Leurs regards semblent se rencontrer comme leurs instrumens harmonieux; l'arrangement de la chevelure dans notre Centauresse semble, comme dans celle d'Ovide, annoncer le dessein de plaire; son collier (phalera) forme une parure agréable et qui semble sur-tout lui convenir, en rappelant ceux dont on parait les plus nobles coursiers; la draperie qui voltige sur son bras est violette, celle du jeune homme est jaune.

Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P, 3 p°. 6 lig.

PLANCHE XXIX.