(II, t. IV de l'Edition royale.)

Le champ de cette peinture est rouge; la niche, proprement dite ædicula, avec la corniche ornée d'arabesques, est peinte d'un jaune clair; le socle sur lequel elle pose imite un marbre veiné; le piédestal cylindrique et l'autel qui porte la statue, sont de couleur d'or; la statue, peinte à l'imitation du marbre, représente le dieu Mars nu, imberbe, comme dans la belle statue du palais Ludovisi, avec le casque en tête, le bouclier et la lance. Homère et Ovide le représentent avec ces mêmes armes; ici il porte de plus une épée garnie du baudrier (balteus). On le retrouve avec tous ces attributs sur quelques médailles et dans d'autres monumens.

Hauteur, 2 P. 1 p°.—Largeur, 1 P. 5 p°. 6 lig.

PLANCHE XVI.

(III, t. II de l'Edition royale.)

Cette Vénus, portée sur les flots, rappelle la fable de sa naissance, et telle, sans doute, elle parut portée sur une conque, alors que Zéphyre, de son souffle propice, la poussa vers Cythère. Deux cercles d'or aux poignets, deux autres au bas des jambes, un voile étroit sur la tête laissant échapper les boucles flottantes de sa chevelure; voilà toute sa parure: rien ne dérobe aux yeux le charme de cette attitude où régnent la grâce et l'abandon. Vénus est légèrement appuyée sur le coude; la longue draperie, qui lui sert de tapis jusqu'aux pieds, est d'une couleur changeante, entre le jaune doré et le vert foncé; formant un tour à son bras droit, et retenu par l'extrémité dans ses doigts délicats, le léger tissu s'élève en arc, enflé par l'air, comme une voile qui dirige la conque sur les flots. Dans la main droite de la Déesse, on remarque un éventail qui emprunte sa forme à une feuille d'eau, et sa couleur à la rose. Un Dauphin se joue dans l'onde, et Cupidon, qu'on voit paraître les aîles étendues derrière la conque, semble aider sa marche. Les monumens antiques où l'on voit Vénus représentée avec la conque, sont très-rares: le plus remarquable est un marbre du palais Mattei à Rome, représentant deux tritons élevant une conque, où repose Vénus. C'est ainsi que la représente Lucien dans le dialogue de Zephyrus et de Notus. Les coquilles ont été consacrées à Vénus; et Plaute fait allusion à cet usage, en recommandant, assez plaisamment, deux jeunes filles à la Déesse (Rud. III, 3, 43). Tibulle invoque Cypris traînée dans sa conque (III. Ell. III, 34); les poètes qui l'ont suivi ont adopté la même figure. Cette peinture, trouvée à Civita, faisait partie de la vue d'un petit jardin, circonstance qui rappelle encore que les jardins étaient sous la protection de la reine des Amours, et que son image y était consacrée.

Hauteur, 1 P. 9 p°. 10 lig.—Largeur, 2 P. 6 p°.

PLANCHE XVII.