(V, t. IV de l'Edition royale.)

On reconnaît, dans ce tableau, Hercule étouffant de ses bras vigoureux le lion redoutable de la forêt de Némée. Ses cheveux sont bruns et sa carnation bronzée; mais ses traits annoncent la jeunesse. Quoique cette circonstance puisse s'appliquer l'aventure du lion Cithéronien, il est cependant plus vraisemblable que le sujet de cette peinture est la victoire d'Hercule sur le lion Néméen. Le monstre était invulnérable, et le fils de Jupiter abandonna ses armes pour l'étouffer dans ses bras: cette particularité est exprimée dans la peinture par le groupe des armes du Héros, jetées à terre. Plusieurs médailles et pierres gravées qui représentent Hercule étouffant le lion, nous l'offrent nu et imberbe, tel qu'on le voit ici. Des arbres et des rochers où l'on remarque une caverne, forment le fond du tableau; sa dégradation permet peu de distinguer quelle est l'espèce de draperie groupée sur le premier plan, avec la massue, l'arc et le carquois rempli de flèches.

Hauteur, 1 P. 7 p°. 8 lig.—Largeur, 2 P. 4 p°. 5 lig.

PLANCHE XVIII.

(VI, t. IV de l'Edition royale.)

Cette peinture, trouvée dans les fouilles de Portici, se fait admirer par l'esprit de la composition et l'agrément de l'exécution; elle représente l'aventure d'Hylas. Le favori d'Hercule s'en vint puiser de l'eau à la source du fleuve Ascagne en Mysie; les Nymphes de la fontaine, éprises de la beauté du jeune garçon, le saisirent et l'enlevèrent. Théocrite a conservé les noms de ces Nymphes téméraires (Id. XIII, v. 45): Eunica, Malis et Nycheia, dont le regard brille comme le printemps. Hercule, désolé, courut tout le bois en criant Hylas! mais en vain; Hylas ne reparut point: de-là le proverbe grec, crier Hylas. Hercule, occupé à chercher son favori, fut laissé par les Argonautes qu'il accompagnait dans leur expédition. Depuis les habitans firent tous les ans un sacrifice à la fontaine; le prêtre criait trois fois Hylas, et l'écho lui répondait. La Nymphe accroupie, qui saisit le jeune homme par les cheveux, est d'un dessin élégant et gracieux; ses compagnes semblent, en la regardant, prendre ses avis pour ne point laisser échapper le beau garçon, qui étend en vain les bras comme pour se sauver la nage. Le fond du tableau est occupé par une épaisse forêt; l'altération qu'il a subie empêche de reconnaître une figure éloignée de la scène, et qu' sa forte proportion on peut imaginer être le héros Cius, qui seul entendit les cris d'Hylas, qui apporta la nouvelle de sa perte à Hercule, et qui, abandonné comme lui par les Argonautes, devint le fondateur de la ville de Cios en Mysie.

Hauteur, 1 P. 6 p°.—Largeur, 2 P. 11 p°. 3 lig.

PLANCHE XIX.