PLANCHE XXI.
(XXIV, t. IV de l'Edition royale.)
Cette Danseuse paraît désignée, parle disque couleur d'argent qu'elle soutient de la main gauche, pour être une Cernophore. Le mouvement forcé de la jambe droite paraît convenir à la danse décrite par Pollux sous le nom de bibasis (IV, 102); c'était une danse lacédémonienne où l'on devait, dans des sauts vifs et pressés, battre du talon les formes que découvre notre Danseuse. C'est encore dans l'attitude où elle se présente, que le scoliaste d'Aristophane (in Vesp. 1483) peint une femme exécutant une autre sorte de danse, dite l'eclactisma; mais, dans cette danse, l'effort demandait plus de souplesse, le talon devait frapper l'épaule (Poll, ibid.) Notre personnage rappelle encore les courtisannes admises dans les fêtes voluptueuses; un voile léger et transparent, d'une couleur incertaine, entre le bleu et le blanc, retenu d'un côté sur son bras, de l'autre, soutenu par les doigts de sa main droite étendue avec grâce, cache à peine quelques-uns de ses charmes. Les plis qui refluent à l'extrémité de la draperie indiquent la vivacité du mouvement, et s'ils menacent de venir cacher quelques beautés, ce sera pour en découvrir de nouvelles. Cette peinture fut trouvée à Civita, en 1761.
Hauteur, 1 P. 10 p°. 6 lig.—Largeur, 1 P. 5 p°. 6 lig.
PLANCHE XXII.
(XXVIII, t. IV de l'Edition royale.)
Dans le volume précédent, nous avons eu occasion de parler de l'infortune d'Ariadne; cette peinture semble nous offrir son apothéose: «Montons ensemble au-ciel, dit Bacchus; tu partages ma couche, partage aussi mes titres; ne sois plus Ariadne; sois Libera». (OVID. Fast. III, 510.) C'est, en effet, sous ce nom qu'Ariadne était adorée chez les Romains; elle porte ici sur ses cheveux blonds une coiffe ou mitra relevée sur le devant en forme de diadême, qui se retrouve dans les médailles de Libera; parée de pendans en forme de poire, de bracelets et d'une chaîne d'or, une main unie à celle de Bacchus, un bras levé au-dessus de sa tête, elle soutient entre ses doigts la draperie dont les plis, vivement agités par l'air, forment une ceinture et un voile qui couvre la partie inférieure de son corps, ne laissant à découvert que ses pieds dont le cothurne ou la chaussure est blanche. Cette figure est d'une légèreté charmante et semble monter comme une vapeur. Celle de Bacchus paraît moins heureuse; les cheveux déliés et couronnés de lierre, il porte le thyrse sur l'épaule; une peau passe en écharpe sur sa poitrine; sa draperie ondoyante est d'une couleur changeante, entre le vert et le jaune; ses traits et ses regards expriment le contentement; ceux d'Ariadne, la crainte et l'émotion.
Cette peinture intéressante fut trouvée dans les fouilles de Gragnano, en 1761.