On ne connaît point de monument antique qui représente l'aventure de Dédale et d'Icare avec autant de précision qu'on le voit ici. L'imprudent jeune homme est étendu sur le rivage de la mer, laquelle il a donné son nom; l'une de ses aîles détachées est à ses pieds; son père le regarde avec douleur en planant dans les airs. Un personnage demi-nu, assis sur un rocher et tenant un long roseau, rappelle ce pêcheur dont Ovide peint avec élégance l'étonnement naïf (liv. VIII, v. 217.) On voit en mer une barque avec deux rameurs; sur un rocher s'élève un petit monument ressemblant à un temple monoptère: il fait, sans doute, allusion à ces monumens qui ornaient, dans les temps anciens, les lieux élevés, et qui étaient consacrés assez ordinairement à Diane, à Mercure, à Vénus, à Pan et à Bacchus. Le masque pourrait annoncer plus particulièrement le culte de ce Dieu.
Hauteur, 1 P.—Largeur, 11 p°. 6 lig.
PLANCHE XXXIX.
(LX, t. IV de l'Edition royale.)
La figure élégante tenant un volume déroulé, est extraite d'une décoration d'un style capricieux. Appuyée contre la porte d'un temple et sous un vestibule, on peut la considérer comme une prêtresse lisant une formule sacrée, ou étudiant un hymne.
Le second sujet représente une caricature qu'on applique facilement à un tableau de l'Enéide; c'est Enée portant son père Anchise, tenant par la main le petit Ascagne, et regardant avec inquiétude si Créüse le suit. Des têtes et des pieds de singe caractérisent ces sortes de figures grotesques; c'est de-l que Martial les a nommées Cercopitheci, singes longues queues; et Pline, Cynocephali, singes têtes de chien. Virgile eut ses détracteurs, et parmi ceux dont les noms se sont attachés à celui de ce grand poète pour arriver jusqu'à nous, on cite le peintre Carvilius, qui écrivit l'Æneidomastix, le fouet de l'Enéide. Ce tableau bizarre prouve que tous les siècles ont leurs mauvais plaisans; on y trouve l'esprit goguenard des caricatures modernes et des poëmes travestis.
Hauteur, 9 p°.—Largeur, 7 p°.