(I, t. VII de l'Edition royale.)
Pour ne point interrompre l'ordre que nous avons adopté, nous continuons ce volume par les peintures extraites du VIIe volume de l'édition royale.
Celle-ci est une des plus belles et des plus importantes de celles recueillies dans le Musée de Portici. Une femme élégamment drapée d'un manteau violet et d'une tunique jaune transparente, est assise à l'entrée d'un temple, devant l'Hermès d'un Bacchus, qu'elle fixe avec attention pour le peindre. D'une main, elle tient une tablette; de l'autre, le pinceau qu'elle trempe dans sa boîte couleurs, posée sur un tronçon de colonne. Cette boîte paraît conforme à celle décrite par Varron (R. R. III, 17), divisée en petites cases, où sont distribuées les couleurs ou les cires coloriées. On sait que les anciens avaient deux manières de préparer les couleurs; l'une, en les délayant dans l'eau avec de la colle ou de la gomme; l'autre, en les mêlant dans de la cire liquéfiée au feu, et c'est cette manière qu'on nommait encaustique. Selon le témoignage de Pline (XXXV, 11, sect. 41) on connaissait trois manières différentes de peindre dans l'antiquité, qui se réduisaient cependant toutes l'encaustique et à la gouache vernissée avec de la cire. On n'en connut point d'autre jusqu'à la découverte précieuse de la peinture à l'huile, qui, dans le 15e siècle, rendit le nom de Jean-de-Bruges immortel. L'enfant qui place un tableau au pied de l'Hermès, rappelle l'usage où étaient les peintres d'employer les enfans à les servir et à broyer les couleurs. Deux femmes retirées derrière une colonne, semblent observer l'artiste en secret; l'une d'elles, tenant une feuille ou un éventail, soigneusement enveloppée dans ses draperies, est peut-être une convalescente qui a demandé un tableau votif. Nous avons reconnu un Bacchus dans l'Hermès, au long bâton ou thyrse, et au canthare qu'il tient à la main. Comme Bacchus Indien, il est drapé et porte la barbe; cette dernière distinction peut désigner également le Bacchus Brisœus ou le Bacchus Hébon, adoré dans la Campanie, et dont l'image peut, avec vraisemblance, se trouver à Pompéia, où cette peinture fut découverte. Parmi les femmes qui se distinguèrent dans la peinture, Pline fait mention de Lala de Cyzique, qui peignit à Rome et Naples, également habile à manier le pinceau et le stylet, et qui surpassa les peintres de portraits les plus renommés de son temps, par la rapidité de l'exécution. Ce mérite devait compter pour beaucoup dans l'emploi de l'encaustique, et donner aux artistes un grand avantage sur leurs rivaux. On pourrait, sans trop d'invraisemblance, voir dans notre tableau cette femme célèbre.
Hauteur, 1 P. 2 p°.—Largeur, 1 P.
PLANCHE XLI.
(II, t. VII de l'Edition royale.)
L'artiste a réuni dans cette peinture, trouvée Pompéia avec la précédente, la Muse de l'Astronomie et la Déesse qui préside aux sciences et aux arts. Debout contre un pilastre, Uranie indique avec la verge (radius) une sphère céleste où sont figurés les signes du Zodiaque; on distingue le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion et la Vierge. Minerve assise, appuyée du bras gauche sur son bouclier, la tête couverte d'un casque d'acier orné de plumes, l'égide sur la poitrine et armée de sa lance, semble écouter la Muse avec attention. Ce tableau précieux par son exécution, l'est encore en ce qu'il décide la question qui s'est élevée entre les érudits, si les anciens, avant les Antonins, avaient des globes célestes avec les figures du Zodiaque; il confirme l'opinion qui s'appuyait en faveur de l'antiquité de cet usage, d'un passage du poète Alexis (Athen. II, 18, pag. 60) qui, dans la description d'un festin, dit d'un plat en forme de demi-globe céleste, qu'on y voyait représenté ce que le ciel a de plus beau, des poissons, des chevreaux, un scorpion, etc. Petrone fait la description d'un plat semblable dans le festin de Trimalchion (XXXV). Ces sortes de plats, en forme d'hémisphère, se nommaient poli, et il est naturel de croire qu'ils ne tenaient ce nom que de leurs ornemens empruntés des sphères célestes.
Hauteur, 10 p°. 8 lig.—Larg. 8 p°. 6 lig.